Entrevue : Pédo Pedro et ses Enfants

Pedro Lopez est une figure incontournable de l’underground punk montréalais. J’ai eu la chance de le rencontrer: il m’a parlé de sa vie, de musique et de son parcours exceptionnel qui l’a mené d’un demi sous-sol de Pierrefonds aux sous-sols des bars de Montréal.
Voici donc l’entrevue avec l’homme qui se cache derrière les poils de sa moustache. Il nous a un peu livré son cœur (qui se cache derrière les poils de son torse).

- Fab4 : Bonjour Pedro Lopez, comment ça va aujourd’hui ?

- Pedro Lopez : Ça va très bien, ça va même particulièrement bien. C’est parce que je suis dans un nouveau programme de croissance personnelle. C’est même épuisant d’être aussi bien, autant bien, si souvent bien, exponentiellement bien !

Pedro Pedro: heureux ! (photo fab4)

- Fab4 : Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

- Pedro Lopez : J’ai fait du re-born il n’y a pas longtemps. Comme tous les grands hommes, j’ai dû toucher le fond du baril pour enfin renaître. Avant de renaître, je menais une vie déplaisante, ennuyante. Une vie triste dans un demi sous-sol de Pierrefonds. Une vie vraiment floue. Je n’ai plus beaucoup de souvenir de cette existence. Mais là, c’est je suis comme une nouvelle personne. J’ai le cœur d’un enfant, l’esprit extrêmement lucide. Je suis comme un bébé : ma peau est devenue plus douce, j’ai arrêté de perdre mes cheveux, mes poils sont devenus plus soyeux. Ça a été un accouchement assez difficile. Je suis re-né dans la douleur. J’ai fait une croix sur toute la vie de souffrance qu’il y a derrière moi. C’est pour ça que j’ai décidé de me re-baptiser Pedro Pedro. Je suis mon propre fils, je suis né de moi, moi-même.

- Fab4 : Peux-tu nous parler de ton éveil à la musique et des artistes qui t’ont marqué ?

- Pedro Lopez Pedro Pedro : Je voulais faire de la musique avant même de savoir en jouer. Je voulais être Garou ou Luc Plamandon. Ils m’ont beaucoup inspiré. Luc Plamandon, pour sa façon de sous-entendre de grandes choses à travers des paroles insignifiantes. Pis Garou pour sa virilité un peu cassée. Le tombeur désabusé, de passion blasée. Mais c’est sûr que depuis qu’il sort avec Lorie c’est plus pareil. Mon monde s’est écroulé quand j’ai appris ça. Ces deux artistes m’ont donné l’impulsion première, très jeune je me suis dit: « Ah oui ! Je veux faire comme Garou ». Mais c’est clair que je n’avais pas son talent. Alors assez vite je suis allé vers la punk underground. Où on peut être professionnel sans aucun talent. Ça c’est important.

Pedo Pedro rencontre Normand L'Amour

- Fab4 : Et les groupes d’aujourd’hui que tu écoutes ?

- Pedro Pedro : C’est sûr que, musicalement, le groupe qui m’inspire beaucoup aujourd’hui c’est Normand L’Amour. La découverte de Normand L’Amour a été comme une révélation. Normand est capable de générer des paroles de façon ” diarhéenne “. C’est comme une discipline mentale, un peu comme du yoga ou de la méditation, il produit un genre de vomi continu de paroles qui crée du sens. Un grand artiste, c’est un peu un descendant de Borduas, Riopelle et tout le courant automatiste. Et bien sûr, son aspect spirituel auquel je m’identifie beaucoup. Pis pour l’avoir  rencontré c’est vraiment un personnage impressionnant.

- Fab4 : Présente-nous les musiciens qui t’entourent :

- Pedro Pedro : À la guitare-jouet: Albert Lacracalère. Ce cher Albert est un enfant de la rue, aux origines floues. Il vient de l’est. Peut-être de l’est du Canada. Il était dans la rue à hurler au coin de St-Hubert et Bélanger, je l’ai accueilli sous mon aile : un peu de chaleur, de réconfort et de nourriture. Le batteur, rencontré sur Internet, Conan Moulant. C’est plus dur de communiquer avec lui, on a une relation très instinctive ensemble. Le nouveau bassiste : Jumbo Nova. Le fils illégitime d’Aldo nova, musicien de air métal. Abusé et mal traité par sa rockstar de père, il a trouvé lui aussi du réconfort parmi nous. On est comme une grande famille puis on accueille tout le monde bras ouverts. C’est ça aussi mon côté croissance personnelle.

une guitare jouet dans le tapis : élément essentiel à la musique de Pédo Pedro

- Fab4 : Maintenant que le groupe est présenté, comment décrirais-tu votre musique ?

- Pedro Pedro : Y a quelque chose de synthétique et en même temps c’est très charnu. C’est très humain : il y a du poil, de la sueur, de l’énergie. Des fois des rythmes cha-cha, tropicaux, joués à toute allure de façon étrange, accompagnés d’une guitare-jouet qui crie comme s’il fallait la nourrir sans arrêt, et une basse ténébreuse. Donc c’est du punk-post-punk-new-wave-pop-yéyé-rockandroll (et un peu de twist).

- Fab4 : Olivier Lalande, dans le Voir de cette semaine ( ici ), dit que Pédo Pedro est « toujours recommandable ». Es-tu d’accord ?

- Pedro Pedro: (Rire) Oui oui, c’est clair, recommandez-nous (rire un peu inquiétant). Ouvrez les portes de vos maisons, de vos écoles. Mères de famille, envoyez-nous vos filles ! C’est un bon apprentissage de la vie; un apprentissage qui dure, juste et bon.

Pour l’instant, il n’y a qu’un maxi disponible, mais un album est en route. En attendant :

Pédo Pedro est en concert ce soir au Cégep du vieux Montréal.

Vous le retrouverez aussi demain sur la scène du Piranha bar, en compagnie du groupe J’ai le cancer.

Fab4

« Art Matters » matters

Art Matters est un festival d’art organisé par les étudiants de Concordia. C’est un festival qui se veut d’envergure et qui fête cette année ses 10 ans. Plus d’une douzaine d’expositions ont lieu dans la ville, que ce soit dans des endroits underground ou des galeries bien installées.

le gâteau d'anniversaire pris par Patryk Stasieczek

J’aurai dû en parler lundi dernier (les lecteurs les plus assidus auront remarqué que lundi dernier on a rien posté… my bad). Seulement voilà, le festival commençait tout juste et je dois avouer que j’étais réticent à l’idée d’en parler sans n’avoir rien vu.

J’ai des sentiments mitigés pour ce festival.

Ce qui est formidable avec ce genre d’événement c’est qu’il permet d’exposer les travaux de la relève artistique dans tout ce qu’elle a de plus excitant, d’original et de prometteur. Le problème avec ce genre d’événement c’est que les travaux de la relève artistique manquent parfois un peu de talent… et que les œuvres sont un peu convenues, ou pire, arrogantes.

L’autre limite que je vois à ce genre d’événement est que, malgré son ouverture sur la ville, Art Matters sert surtout les intérêts : 1 - des artistes exposés, pour leur permettre d’exposer, d’ajouter un ligne sur leur cv, pour rendre leurs parents fiers, leurs amis contents, etc.  2 - de Concordia, qui  a ainsi l’occasion de montrer combien son département en art est dynamique.

Du coup, ce festival laisse parfois la désagréable impression qu’il est fait pour les artistes de Concordia, qui vont exposer entre eux et leurs amis. Pour un festival qui s’expose dans toute la ville, on dirait que le public lambda est un peu oublié (encore plus s’il est francophone).

Mais parlons maintenant des œuvres mêmes. Puisque, au bout du compte, c’est l’art qui compte.

Au final, les expositions que j’ai eu l’occasion de voir ont vaincu mes réticences et m’ont convaincu de la pertinence d’un tel événement. Au Belgo : “Seven Minutes in Heaven”, une exposition de photo dont le vernissage aura lieu jeudi (espace 405). On y retrouve, entre autres, des photos toujours sensibles de Yuli Sato (à qui l’on doit nos portraits), un portrait original par Zoe Lepiano et un paysage de Florence Gagnon.

Toujours dans le Belgo, la galerie “Les territoires” propose des travaux de design. Beaucoup d’utilisation du bois pour un travail fin et original, que ce soit pour les meubles ou les bijoux.

Ironiquement, c’est à la Vav, galerie de Concordia dédiée aux étudiants, où l’on voit l’exposition la plus “professionnelle”. Les œuvres réunies autour du thême “Drawing the Line in Painting” se répondent bien et forment un ensemble cohérent. On est accueilli par une large fresque peinte directement sur le mur (donc vouée à disparaître avec la fin de l’exposition). Puis les 3 grands portraits du “Cat lovers club”, de Pier-Yves Larouche viennent s’imposer à nous. Enfin, je retiendrais le grand collage coloré de Bea Parsons.

Ma de Bea Parsons

Le festival a lieu jusqu’au 19 mars. D’ici là, je mettrai à jour cette page au fil de mes visites et vous tiendrez au courant de mes autres découvertes. À noter, l’intrigant “Chill Zone” dont le vernissage aura lieu à la galerie Ctrl lab le 18 mars. Vous pouvez trouver plus d’infos sur le site: ici.

Fab4

Le Cirque Version 2.0

Dans une ville où la population est presque composée à moitié d’artistes (42% pour être exact), ce n’est pas le choix qui manque lorsque vient le temps de se planifier une bonne soirée de divertissement. Suffit seulement de choisir le bon spectacle qui saura vous transporter ou peut-être aussi vous faire réfléchir.

La troupe Les sept doigts de la main vous propose une présentation haute en couleur avec leur nouveau spectacle PSY. Ayant assister à l’avant-première il y a deux semaines, voici ma critique :

Premièrement, si vous avez eu la chance d’assister à leur premier spectacle La Vie, ne vous attendez pas à une présentation similaire: leur nouveau show n’est pas moins bon mais tout à fait différent. La scène, au lieu d’être au centre de la salle, se trouve maintenant de façon conventionnelle droit devant le public assis à l’italienne.  Une décision judicieuse bien que moins intéressante puisque l’interaction avec le public n’est pas présente lors de ce spectacle. Un peu plus difficile alors d’aspirer les gens dans un tourbillon de délire contrôlé tout à fait savoureux.

On me pardonnera alors de comparer la nouvelle présentation à leur ancienne, mais ayant franchement adoré la première, j’avais un sévère patron sur lequel me baser. Ce que nous présente la troupe Les sept doigts de la main dans PSY, c’est un contrôle sans faille du corps humain, une solidité musculaire calculée parfaite. Tout au long du spectacle, la précision athlétique des artistes nous coupe le souffle. Mais la réelle différence entre un spectacle de cirque conventionnel (où les athlètes sont tout aussi performants) est l’originale profondeur théâtrale et parfois même humoristique qui complète le magnifique talent des personnes sur scène. Ce jeu théâtral rajoute un aspect particulièrement vivant à la présentation et de la même manière touche beaucoup plus le public en le laissant s’attacher aux personnages et rire ou pleurer avec eux. La musique agrémentant le spectacle est tout à fait divine, tout comme lors du premier spectacle.  Le choix musical totalement hétérogène complète avec brio la vivacité des mouvements sur scène ou alors la mélancolie des gestes gracieux. Contrairement à leur show précédent, DJ Pocket n’est pas de la partie. Le seul mauvais commentaire que je me permets de formuler concerne le nombre d’artistes sur scène. Trop de personnes, parfois même trop d’action simultanée sur scène nous empêchant de tout absorber. L’effet peut paraître bien impressionnant et intéressant au départ,  mais après deux ou trois séances de jongleries et autres acrobaties combinées en méli-mélo, on sature.

Somme toute, quel spectacle! On y rit, on est ému, impressionné, surpris et peut-être même choqué pour certains. Un mariage parfait de musique, des arts de la scène et du cirque qui vous fera vivre une magnifique soirée seul(e) ou accompagné(e) à coup sûr. Heureusement pour vous, il reste trois supplémentaires: les 11, 12 et 13 mars prochains à 20h à la Tohu!

- (514) 376-TOHU (8648) ou sans frais au 1-866-376-TOHU (8648)

- www.tohu.ca

Pour voir toutes les photos du spectacle, allez simplement dans la section Photos du site.

Bon spectacle!

De Père en film

Il s’agit aujourd’hui d’un sujet qui me tient à cœur. Marcel Collet et sa passion. Ne changez pas de page, ça risque de drôlement vous intéresser. Comme vous avez dû vous en rendre compte, après 7 mois, 4MTL met l’emphase sur les artistes intéressants et intéressés de la grande île, toutes catégories confondues. Alors quel plaisir de vous faire découvrir une personne correspondant parfaitement aux critères mais qui en plus a un lien de sang avec un membre de l’équipe.

Cet homme a longtemps travaillé en temps que réalisateur à Radio-Canada, pour plusieurs émissions socioculturelles telles que : « De Bouche à Oreille », « Vins Fromages », « Le Journal du Siècle avec Robert G. Scully », « Les Beaux Dimanches », et plusieurs autres. Après un dur renvoi de la géante firme, il a dû se retourner vers le « pigisme »  principalement à cause du domaine de travail trop contingenté et à son âge. Heureusement, car cette liberté professionnelle lui permettra un total épanouissement en lui donnant l’occasion de réaliser plusieurs documentaires touchant de grands sujets humains et le touchant lui aussi par conséquent. De parfaits exemples sont « L’Ange de Budapest », « Louis Riel », et son tout dernier : « Hommage à Gabrielle Roy : Et si cette femme pouvait parler ».

Et comme la vie est bien faite! Ce lundi 8 mars, 2010 à 20h (Heure de l’est) aura lieu la diffusion de son tout dernier documentaire sur la vie de la grande auteure Gabrielle Roy, à RDI, àl’occasion de la journée de la femme. Présenté au FIFA (Festival International des Films sur l’Art) lors du 100ième anniversaire de Gabrielle Roy le 23 mars dernier, ce documentaire vise à présenter Mme Roy sous tous ses aspects à travers un échange moderne entre diverses personnes concernées telles que François Ricard, Anette St-Pierre et plusieurs autres. N’hésitez donc pas à en parler à votre entourage qui pourrait bien être intéressé.

Plusieurs réalisateurs montréalais ont dû suivre le même parcours que mon paternel et trop souvent sont restés, et peut-être même resteront, dans l’ombre pour toujours. De magnifiques projets qui n’auront touché que quelques personnes. Assoyez-vous donc ce lundi soir devant la télé avec un bon thé et laissez-vous émerveiller par un sujet qui vous touche de près ou de loin mais qui, sûrement, vous émerveillera.

Bon visionnement! Et pour ceux voulant plus d’information au sujet de Marcel Collet, voici le site de sa compagnie!

Prod@ction

Hommage à Gabrielle Roy (RDI)

A-Rock se mérite un A+

Le gagnant du Thre3style pour la 2e année de suite: DJ A-Rock (photo par Julian C)

Ça fait déjà 2 semaines, mais personne n’a oublié la victoire de A-Rock au concours de DJs Red Bull Thre3style organisé par Look Out. Avec notamment les chansons Roxanne, Enter Sandman et Bohemian Rhapsody, A-Rock a su en mettre plein la vue à un public admiratif, mais pas nécessairement vendu à l’avance non plus. En effet, la compétition était des plus chaudes avec les Truspin, Rilly Guilty, Mayday, Yo-C, Mary Hell, Twitch et Cherry Cola. Tous nous ont offert des sets à la hauteur de leur talent, mais A-Rock n’a pas volé la victoire, et la foule lui a offert une belle ovation lors de la remise des prix.

Pour que le Thre3style reste gravé dans vos mémoires, 4MTL vous a préparé une vidéo souvenir de l’événement. Merci énormément à Jean-Loup Pinard pour la réalisation et le montage.

Musique: Wolgang Gartner - Wolfgang’s 5th Symphony

Bonne chance à A-Rock lors de la finale canadienne à Toronto le 13 mars prochain.

colio

The modern drift

Semaine de relâche pour certains, retour à l’école pour d’autres, impossible dans tous les cas de trouver assez de temps pour profiter de tout ce que nous offre Montréal. Si vous êtes dans le rush je vous conseille de garder votre vendredi soir pour vous défouler: la ville sera en ébullition.

-Jeudi : Radio Radio lance son nouvel album: Belmundo Regal. C’est au Cabaret Juste pour rire avec le soutien de Nightlife. Ils ont un membre de moins mais ont rajouté des cuivres à leurs chansons alors ça reste toujours aussi dynamique et accrocheur.

-Vendredi :

- De l’art et de la musique part 1:

We Are Wolves prend d’assaut le MAC. Dans le cadre des “nocturnes” (tous les premiers vendredis du mois, un groupe vient enflammer la sage institution). L’affiche est vraiment très réussie (si vous ne comprenez pas la référence, révisez vos cours d’histoire de l’art). Les nocturnes du musée sont toujours un succès. Attention, le musée n’est pas une salle de concerts, donc les places y sont limitées et le show finit assez tôt.

-Si vous en voulez encore, l’after-party se passe au Saphir où les gars de We Are Wolves vont mixer : http://www.facebook.com/event.php?eid=255422479952&ref=ts

- De l’art et de la musique part 2 :

Au même moment, Art Matters, le festival d’art mené par les étudiants de l’Université Concordia, organise une fête d’ouverture et d’anniversaire (10 ans !!). Au théâtre Plaza, jolie salle sur la moche plaza St-Hubert. The Lovely Feathers et The Peelies y joueront, l’occasion de voir 2 bons groupes de Montréal.

- Je les avais vus l’année dernière un peu par hasard, et j’avais beaucoup aimé leur pop orchestrale, rythmée et généreuse. Ils reviennent à Montréal pour leur nouvel album. Efterklang joue à la Sala Rossa. Le chanteur a appris à mieux se servir de sa voix, les compositions se sont resserrées, tout est bon dans ce nouvel album dont voici un extrait:

- Blue Skies Turn Black a booké un autre groupe indie: Surferblood joue à Il Motore. Ça me fait penser à un mélange de MGMT, d’Animal Collective et des Beach Boys. En bref, un groupe qui a beaucoup plu à Pitchfork : http://pitchfork.com/reviews/albums/13844-astro-coast/.

- Damian Lazarus et Jamie jones viennent jouer au club Stereo. Tous les 2 produisent une techno sans oeilléres et proposent des mixs originaux qui surprennent souvent le public. Pour vous faire une idée de leur ouverture d’esprit, Lazarus offre des podcasts ici : http://www.lazpod.com/. (Au passage, je vous suggère de jeter une oreille sur son titre “moment”, un morceau parfait lorsqu’on rentre de soirée)

- Si vous êtes branchés nouvelle vague électro de Californie, le club Lambi reçoit les beats de Dâm-funk. On parle de boogie funk pour qualifier sa musique instrumentale. Lors de son dernier show à Montréal, Lunice nous conseillait d’aller le voir…

Enfin, les rythmes seront plus marqués à la SAT. Notre ami, star de la blogosphère, Jay Louis, y organise une soirée “What Up Gangstars”. Dj Klever, Arthur King et A-rock seront les rois des platines. Ils allumeront le dancefloor après des prestations de Random Recipe et de Omnikron.

-Samedi : un vernissage en après-midi pour commencer en beauté la fin de semaine: c’est  à 15h à la galerie art mûr. Cooke-Sasseville y présente son golden cupcake.

- Yacht joue au Belmont. electro, pop, année 80, fraicheur et folie pour ce groupe qui sait faire danser et construire des chansons. Si vous n’avez pas pu sortir vendredi c’est surement le show à voir en cette fin de semaine.

-Lundi : cinema politica UQAM présente Up The Yangtze. Ce documentaire est tout simplement l’un des meilleurs films que j’ai pu voir en 2009. L’image y est soignée, le montage précis, le sujet poignant. C’est un documentaire qui nous en apprend sur la Chine tout en venant chercher nos émotions. La bande-annonce parle d’elle-même :

Et c’est gratuit ! 18h à la salle R-M160.

-Mardi : Vivian Girls :  indie rock encore (décidément Blue Skies Tun Black ne s’arrête plus). Avec ce groupe de 3 filles on lorgne du côté punk tout en restant très accrocheur. Elles sont jolies et pleines de talent, on les rencontre à la Sala Rossa.

Fab4

En contrôle: Entrevue avec Malajube

La Nuit Blanche, c’est cool, mais le festival Montréal en Lumière, même si on en parle moins, c’est aussi très cool. Plusieurs groupes ont donné des concerts gratuits au Vieux-Port, dont Malajube, qui a parti le bal jeudi le 18 février, au retour d’une série de concerts à Whistler dans le cadre d’un certain tournoi de sports d’hiver amateurs. J’ai profité de l’occasion pour aller les rencontrer, avec la superbe Hélène Robitaille-Hivalgo, et discuter avec eux d’un vidéoclip interactif réalisé par l’ONF à partir d’une chanson de leur plus récent EP : Contrôle.

4MTL: Comment s’est passée votre expérience olympique ?

Francis Mineau: Très bien. On n’a pas vraiment eu la chance de voir beaucoup de compétitions. Les compétitions sont à 2h de route de chacune d’entre elles, alors on a fini par les écouter à la télé. Mais c’était bien : on peut dire que regarder les Olympiques à la télé dans les villes où c’est présenté c’est mieux qu’ailleurs.

Thomas Augustin : Je crois que dans les 2 semaines de compétition, j’ai pas vu un seul athlète.

FM : On a rencontré Vincent Marquis et Pierre Alexandre Rousseau, les deux skieurs de bosse. Ils avaient fini leur compétition assez tôt, alors on est allé prendre un verre de vin avec eux.

4MTL : Aujourd’hui, vous avez présenté un nouveau vidéoclip en collaboration avec l’ONF pour Contrôle, une chanson qui n’apparaissait pas sur Labyrinthes. Pourquoi cette chanson-là ?

TA : C’est nous qui l’avons proposée à l’ONF. C’est une chanson plus longue, plus difficile, qui n’était pas sur l’album. Ce n’est pas le genre de chanson qui passe à la radio. On n’a pas l’intention de continuer dans cette voix-là pour le prochain album, mais pour ce projet-là, on trouvait que ça convenait et puis ça nous tentait de retravailler la chanson.

FM : En plus, c’est exactement le genre de chanson pour laquelle on n’aurait jamais eu de subventions pour un vidéoclip. C’est beaucoup trop long. Alors l’ONF nous a permis de faire quelque chose de différent.

4MTL: Quel est le thème de la chanson ? Est-ce que vous avez été inspiré par le film Control de Anton Corbijn sur la vie de Ian Curtis ?

TA : Je ne pense pas que ça fasse directement allusion à Ian Curtis, mais on peut certainement dire que le sujet s’en rapproche.

FM : C’est une chanson qu’on a composée durant la tournée de Trompe-L’oeil, qui était interminable. Tout le monde peut faire sa propre interprétation, mais pour moi, c’est une réaction à cette tournée et au sentiment de perte de contrôle qui arrive quand tu te fais prendre en main par plusieurs gens à plusieurs endroits dans le monde.

4MTL: Est-ce que vous êtes parti de cette thématique pour écrire la musique?

FM : Quand on travaille sur la musique, on part jamais des paroles. Souvent, on part d’émotions très basiques comme la joie ou la tristesse. Ce sont elles qui nous inspirent pour créer la musique. Maintenant, avec les paroles et le vidéoclip, ça transforme le sens, parce que quand t’écoutes la chanson, tu vois ces images-là dans ta tête.

4MTL: Est-ce que vous allez la jouer ce soir ?

TA : On voulait, mais je ne crois pas que ça va se faire. On va voir.

4MTL: Merci beaucoup. Bon spectacle.

Avec Contrôle, Malajube fait un pas de plus dans le monde du rock progressif moderne. La chanson fait énormément penser à Sigur Ros à ces débuts, hormis la dernière partie qui rappelle plutôt le Patrick Normand des bonnes années. Une bonne nouvelle: la voix est placée à l’avant-plan et il est facile de goûter aux magnifiques paroles de Julien Mineau, qui suggèrent la folie plutôt que de l’adresser trop directement. Une excellente chanson qui, à 5:32, n’est pas si longue que ça non plus. Je l’aurais mise sur Labyrinthes moi.

Pour ce qui est du clip, intitulé de façon appropriée «100 mots pour la folie», c’est une bonne idée, mais vraiment pas une révolution du clip interactif comme on nous l’avait annoncé. Il nous est demandé d’écrire des mots auxquels certains autres mots reliés au thème de la folie nous font penser, et les mots choisis apparaissent ensuite dans le clip. Toutefois, les images montrées n’ont pas vraiment rapport à «nos» mots. C’est compréhensible, mais aussi un peu décevant. À retravailler…

Vous pouvez aller écouter la chanson et regarder le vidéoclip au lien suivant: http://interactif.onf.ca/malajube/

colio et Hélène Robitalle-Hidalgo

P.S. Voici l’équipe qui a travaillé au projet…

photo prise par Nicolas Dagenais

Des loups qui parlent: Entrevue avec We Are Wolves

Photo prise par Nicolas Dagenais aka colio aka moi

Le 3e album de We Are Wolves, Invisible Violence, avait fait l’objet d’un article (à lire ou relire ici) de Fab4 lors de la deuxième semaine d’activité de 4MTL. Près de 5 mois plus tard, nous vous offrons une entrevue vidéo avec 2 des 3 membres du groupe: le claviériste Vincent Lévesque et le batteur Antonin Marquis. L’entrevue s’est faite tout juste avant le concert gratuit de WAW vendredi passé dans le cadre du festival Montréal en Lumière.

N.B. La qualité est pas encore top-notch mais on commence, laissez-nous une chance.

Animation: Vanessa Gauvin-Brodeur
Réalisation : Nicola Kovac et Nicolas Dagenais

Merci à Isabelle Ouellette pour son aide précieuse.

Si vous avez manqué le show, no worries man: vous aurez la chance de voir We Are Wolves le 5 mars prochain au Musée d’art contemporain de Montréal dans le cadre des Nocturnes.

P.S. Cette nuit, c’est la Nuit Blanche. Je nous considère extrêmement chanceux d’avoir un tel événement culturel à Montréal, même si à chaque fois, je finis par me geler les pieds et le cerveau ou à me demander sérieusement où je suis et qu’est-ce que je fais là. Voici les recommandations du Nightlife, du Hour et de La Presse. On se voit là-bas.

colio

Qui N’aime Pas Le Changement?

J’ai pu les apercevoir au HB à Ste-Thérèse l’été passé. J’ai pu les admirer au Piknic Electronik l’été passé également et j’ai même eu la chance de mixer avec l’un des plus grands de ce fantastique label. Si vous n’avez jamais entendu parler d’eux, tant mieux:vous êtes à la bonne place. Si vous êtes des fans finis, vous êtes aussi à la bonne place:  je vous ai réservé des petits délices. En fait, dès que vous venez sur 4MTL, vous êtes toujours à la bonne place no matter what!

Ceci étant dit, cet article soulèvera sûrement quelques questions concernant la légitimité de celui-ci puisqu’il concerne un “label” français et non pas montréalais… L’importance de cet article est plutôt tournée vers les liens qui unissent cette maison de production et la grande île. En effet, depuis plus de deux ans, plusieurs artistes de Sound Pellegrino incluant Teki Latex & Orgasmic (Thermal Team), Harvard Bass, Cuizinier et plusieurs autres n’ont pas seulement cru bon de propager le “new sound” mais l’ont fait par pur amour de la musique. Voilà ce qui m’a tant frappé chez des personnes que je ne connaissais même pas intimement. En leur donnant un peu de visibilité bien sûr, mais parfois même en le faisant bénévolement, tous ces artistes gagnent donc à être connus et à ce que l’on parle d’eux, ici, à Montréal!

Se considérant comme l’étiquette  “petit-frère” de Institubes, Sound Pellegrino est représenté par nul autre que Julien Pradeyrol et son fidèle partenaire M. Orgasmic. Tous deux ayant plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de la musique, ils ont décidé d’élever les standards “clubistes” histoire de rafraîchir certains dancefloors. Les deux gars du Sound Pellegrino Thermal Team savent de quoi ils parlent. Ils sont passés par plusiseurs phases musicales: Hip-Hop, Indie, Dance, Electronic, et maintenant plus Baltimore et Tech House que jamais. Par conséquent, ils sont capables de faire lever la “crowd” la plus difficile autant, bien évidemment, que la plus facile. De l’énergie à l’état pur, du charisme survolté, de la qualité musicale ressentie jusque dans vos orteils. Voilà ce que vous offre Sound Pellegrino Thermal Team.

L-VIS 1990 - United Groove - Sound Pellegrino Thermal Team VIP dub

Orgasmic - The Sixpack Anthem (Harvard Bass Remix)

Il ne va pas sans oublier tous les autres qui participent tout bonnement à la progression intense du “label” : Solo, Nouveau Yorican (Laidback Luke), Gucci Vump (Brodinski & Guillaume from the Shoes), Bart B-More, Noob, Renaissance Man et L-Vis 1990. Je vous partage donc un petit cadeau Zombiesque et quelques coups de coeur de cette magnifique famille qui finira bien par conquérir le coeur de tous justement, je l’espère!

Wiley - Wearing My Rolex (Zombie Disco Squad Remix)

Douster - King of Africa

Gucci Vump - Sha! Shtil! (L-Vis 1990 Remix)

Nouveau Yorican - Boriqua (Harvard Bass Remix)

Solo - Rawmania (Beataucue Remix)

Pour des nuits chaudes et blanches


MERCREDI

Arts Visuels : Ce soir à 18h, la galerie Simon Blais présente un vernissage de deux artistes montréalais : la peintre Louise Robert et le sculpteur Serge Murphy. Venez retrouver les peintures chatoyantes de Robert qui superposent les mémoires et les amalgames originaux de trouvailles quotidiennes que sont les sculptures de Murphy.

Jetez un coup d’œil au lien de la galerie pour plus d’info.

JEUDI

Musique : Les promoteurs de concerts Blue Skies Turn Black (BSTB) fêtent leur 10ème anniversaire au Il Motore. L’événement se prolongera Vendredi et Samedi et mettra entre autres sur scène Adam and the Amethysts, The Besnard Lakes et Thundrah. Lisez Fab4 pour plus d’information sur BSTB. Également à ne pas manquer: un concert bénéfice pour  Action contre la faim au Green Room à 21h, présentant de la musique des membres de The Dears, Apostle of Hustle, Young Galaxy et Gutstrings.

Party : Puis, la SAT acceuille Vitalic dans un show qui risque d’être énorme. Voici le lien de l’événement.

VENDREDI

Musique: Dans le cadre du festival Montréal en lumière, le groupe montréalais La Patère Rose va prendre la scène avec sa musique suave et entraînante pour chanter pour Montréal. Le concert est gratuit et définitivement à ne pas manquer !

Party : Tout de suite après le show de la Patère Rose, il y aura une soirée gratuite sur les quais du Vieux-Port présentant Radio Radio en DJ set et le collectif BRILLE.

Arts visuels : Le centre des arts actuels Skol présente le vernissage des photographies de Christophe Jivraj. Celles-ci représentent des portraits d’un groupe d’adultes physiquement handicapés mais cognitivement lucides. C’est un projet original de l’artiste qui s’accompagne d’entrevues avec les sujets en question et de redéfinitions de leurs identités, de leurs corps et de leur sexualité.

Cinéma :  L’AMC FORUM verra la sortie de L’affaire Coca-Cola, un documentaire par German Gutiérrez et Carmen Garcia qui dresse une critique exténuante de l’empire Coca-Cola qui est soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement, la torture et le meurtre des chefs syndicaux qui luttaient pour l’amélioration des conditions de travail en Colombie, au Guatemala et en Turquie. Un film qui est prêt à faire parler. Un prophète, nouveau film de Jacques Audiard, paraît également à l’écran au AMC FORUM ce Vendredi. C’est un thriller qui met en scène le séjour d’un français analphabète d’origine arabe en prison. C’est un des films les plus anticipés au festival de Cannes 2009 et qui a déconcerté les audiences françaises.

SAMEDI NUIT BLANCHE
Musique : Samedi, le groupe alternatif rock de Chicago Wilco revient à Montréal donner un concert à l’Olympia. Un concert qui risque de plaire aux fans du indie/folk américain qui rappelle un peu la musique de Weezer et de Yellowcard. En même temps dans la soirée, le groupe canadien indie Hollerado va célébrer sa dernière soirée de résidence d’un an au Divan Orange. Venez les voir pour une dernière fois dans leur habitat naturel avec les groupes Zeroes, Huron, et The Mr. Move.

Arts Visuels : C’est la fameuse nuit blanche, qui va cette année présenter 10 expositions d’ « Art souterrain » à la Place-des-Arts, au Palais des Congrès, et au centre Eaton entre autres. Un événement qui va durer toute la nuit. Plus de 100 projets d’artistes en arts visuel y seront exposés. Un autre événement intéressant : le Bain Mathieu va présenter une exposition d’art fluorescent « Lumière Noire » qui va durer toute la nuit.

Cinéma : Au Monument-National, Prends Ça Court (PCC !) va nous faire part de ses coups de cœur du festival de films Sundance 2010. Toute une soirée de projections accompagnée de performances des musiciens Slim Williams et Ben Charest.

Danse : La galerie Les Territoires présente pour la Nuit Blanche des performances de chorégraphes émergentes accompagnées de courts métrages et d’un vidéo en boucle de l’exposition Sang Neuf. Info de l’événement ici.

Party : Joignez-vous Samedi soir à Felix Cartal, artiste hard électro de Vancouver, qui va sortir son album Popular Music au Belmont. Pour ceux qui sont sans le sou, il y a aussi Poirier qui se donnera à fond dans son house tribal habituel dans un show gratuit Club Soda. Finalement, nouvelle soirée montréalaise au Klinik où notre bloggeur JulianC et DJ Twitch vous feront danser toute la soirée mélangeant tous les styles musicaux avec leur twist ! Plus d’informations ici.

LUNDI

Cinéma: Joignez-vous aux étudiants de McGill qui présentent la première projection d’un festival de films israélien organisé par Hillel Montréal. Courts métrages, documentaires, conférenciers invités et films de plus grande envergure seront au rendez-vous jusqu’au 12 Avril. Information ici.

val et colio



                                            

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