Pour une fois, j’aime le poisson: entrevue avec Jean Malek

Jean Malek

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais dans le milieu de la photographie montréalaise, Jean Malek est une superstar. Dans le cadre du Kabaret Kino (dont Fab4 nous avait déjà parlé), Jean a troqué son appareil photo pour une camera vidéo. Le résultat est un superbe court-métrage intitulé Les Poissons que vous pouvez visionner gratuitement sur vimeo depuis lundi et pour quelques jours seulement. Dans une entrevue exclusive avec 4MTL, Jean Malek nous parle de cette expérience nouvelle et nous fait entrer un peu plus dans son univers particulier.

colio : Je te cite dans une entrevue que tu as fait avec Canoe.ca en février: «Je vais me diriger vers la vidéo conventionnelle lorsque je me sentirai plus solide. » Aujourd’hui, est-ce que tu te sens comme un réalisateur solide?

JM : Oui, je pense que je suis prêt mais je vais y aller tranquillement quand même. C’est mon premier. J’en ai fait un autre tout petit pour me pratiquer avec Catherine De Lean que je devrais sortir bientôt. Je prévois faire un projet plus important dans les mois à venir. Avec une grosse équipe. Je pense que c’est de cette façon que je pourrai voir si je suis prêt à prendre de gros projets.

colio: Donc la vidéo conventionelle, c’est une expérience sérieuse mais encore une expérience?

JM : Oui, je m’adapte encore. Je suis avant tout un photographe et je fais encore mon école en faisant de petits projets. C’est en essayant qu’on apprend. Heureusement je suis content car pour un premier court en video, je suis super satisfait du résultat. Autant pour la photo du film que l’émotion véhiculée…

colio : Tu faisais déjà des photoromans qui étaient en fait une juxtaposition de photos accompagnés de musique et de narration, pourquoi voulais-tu passer à des images en mouvement?

JM : Parce que je pense que ça fait parti du cheminement. Je n’aime pas me répéter… Les photoromans sont une formule originale, mais je voulais montrer que je pouvais également faire le même exercice avec la vidéo.

colio : En même temps, même si le medium est différent, ton film est très photographique, dans le sens qu’il donne une importance majeure à quelques lieux, comme s’ils étaient eux-mêmes des personnages, et que les images sont toujours, avant de donner une information sur ce qui se passe, surtout très belles. Est-ce qu’on pourrait dire que tu es pour l’instant plus un directeur photo qu’un réalisateur à proprement parlé?

JM : Non, je pense pas. Réalisateur surtout. Un bon réalisateur sait choisir le bon casting et les bonnes personnes autour pour rendre le résultat souhaité. Je pense que je réussis à accomplir tout cela.

Vanessa Pilon

Vanessa Pilon

colio : Peux-tu nous parler du choix du quatuor de cordes islandais Amiina (qui a déjà travaillé avec Sigur Ros) pour la trame musicale?

JM : C’est la première idée qui m’est venue à la tête. C’est à la fois très doux et très mélancolique.. Le mélange parfait pour conter mon histoire

colio: Est-ce que la mélancolie est une émotion que tu recherches particulièrement dans tes projets?

JM : Elle se retrouve dans beaucoup de mes projets.  Mais je pense que mon premier film ‘à budget’ ne sera pas mélancolique…. Ou peut-être que oui… mais à petite dose… entre de la comédie et du drame.

colio: Planifies-tu la préparation de ce film bientôt?

JM : Oui bientôt! J’attend juste de m’asseoir avec mon équipe pour bien déterminer les scènes qu’on veut et celles qu’on ne veut pas… etc. Écrire le scenario quoi. L’idée est là… il me manque le bon scénariste pour ce type de film.

colio: Tu préfères ne pas faire le scénario toi-même?

JM : Non… j’aime donner mon idée… et développer l’idée avec des gens qui ont le talent pour ça. Moi j’aime prendre l’histoire et la mettre en images.

Les Poissons - Extrait # 1

Stéphanie Lapointe et Nastassia Markiewicz

colio: Quelle est l’importance pour toi d’avoir une personnalité connue (comme Karine Vanasse dans le passé ou Stéphanie Lapointe pour Les Poissons) dans tes projets?

JM : Les amener ailleurs… Elles sont connues pour un style et les personnalités connues aiment essayer autres choses. Ça fait quand même 2 ans qu’on parle de faire un projet Stéphanie et moi… mais j’attendais d’avoir une idée où Stéphanie incarnerait une autre personne…. Finalement au bout de 2 ans j’ai eu un projet à réaliser en moins de 60 heures et j’ai contacté Stéphanie… 24 heures avant de tourner.

colio: Est-ce que tout le projet était très spontané ou seulement la participation de Stéphanie?

JM : Tout le projet était spontané. Jean-Philippe est un poète hors pairs. Il a écris l’histoire en… 20 minutes! On a ajusté le reste la journée même… Le lendemain on allait l’enregistrer et le surlendemain, c’était le montage et la présentation du film lors du Festival du Nouveau Cinema… dans le cadre du Kabaret Kino.

colio: Ton film, en plus d’être accompagné par la narration du texte poétique de Jean-Phillipe Payette, est fait comme un poème. Tu y mets beaucoup de style et les images, plutôt que d’affirmer, suggère. Est-ce que Jean Malek, tout en étant aussi photographe et réalisateur, est avant tout un poète?

JM : La photo est comme la poésie. Dans un poème, on ne comprend pas toujours le thème… mais les mots suggèrent des émotions.

colio: Ce que tu recherches surtout, c’est l’émotion ?

JM : Oui,  avec l’émotion, le thème est beaucoup moins important. Dans le cas du film Les Poissons, le thème est un pacte de suicide, mais le commentaire qui revient souvent… est: C’EST BEAU! (rires)

Pour avoir un aperçu de tout le talent de Jean Malek, allez voir son site internet.

colio

2 people have left comments

Posted on novembre 19, 2009 at 22 h 40 min

Elle wrote :

JM : C’est la première idée qui m’est venu(E) à la tête. C’est à la fois très doux et très mélancolique.. Le mélange parfait pour compter(CONTER) mon histoire

Attention aux fautes svp.

Posted on novembre 20, 2009 at 18 h 09 min

4MTL" class="author-name">4MTL wrote :

Merci du commentaire. J’aimerais cependant rappeler quelques faits: 4MTL est un site internet gratuit, exempt de publicité et inadmissible à des subventions gouvernementales. Tous ceux qui y participent le font de façon bénévole et en plus de toutes leurs autres occupations. Les quelques fautes d’ortographes que nous faisons sont donc pour l’instant des maux nécessaires. J’espère que vous avez quand même pu apprécier l’entrevue.

colio

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