Les Sept Jours du Talion: entrevue avec Podz

J’ai la chance d’avoir un oncle génial (Patrick Sénécal) qui écrit des livres. Et ses livres sont tellement aimés qu’il les transforme en films. Nous avions fait une entrevue avec lui en novembre dernier pour le film 5150 rue des Ormes, scénarisé par lui et réalisé par Éric Tessier. C’est maintenant au tour de son roman Les Sept Jours du Talion de subir une métamorphose cinématographique. Patrick reste scénariste, mais le réalisateur s’appelle cette fois-ci Podz.  
  

Vous n’avez jamais entendu ce nom? Avez-vous déjà regardé les séries Au Nom de la Loi, C.A., Minuit le Soir? Tout ça c’était Podz. Et tout ça, c’était assez génial. Le film, qui est en salle depuis vendredi, a été produit sans subvention gouvernementale et a été sélectionné pour être projeté à Sundance, le festival de films indépendants par excellence. Si Xavier Dolan m’avait impressioné avec J’ai Tué Ma Mère, Podz m’a peut-être impressionné encore plus avec Les Sept Jours Du Talion. Il a gentilment accepté de faire une petite entrevue avec nous. Voici ce que ça donne.

Patrick Sénécal (à l'extrême gauche) et Podz (deuxième à partir de la droite) accompagnés de la productrice Nicole Robert et des acteurs Claude Legault et Martin Dubreuil

colio: Comment s’est passée pour toi la transition télé-cinéma ?

Podz: Très bien. Tout ça, ce n’est que raconter une histoire avec une camera et des acteurs. Les différences se situent surtout au niveau de la forme. La contruction de la structure. Le design du tout.

colio: Minuit Le Soir avait des éléments très réalistes, mais était finalement assez étrange. J’ai senti la même chose dans les Sept Jours du Talion. Comment décrirais-tu ton style de réalisation ?

Podz: C’est intéressant que tu notes ça. Je crois qu’on peut dire que j’essaie souvent de transmettre une vérite émotive et non objective. De mettre en scène une sorte d’état de rêve.

colio: Il est évident que certaines personnes vont mal digérer le film à cause de son côté «gore» et que d’autres, au contraire, vont l’apprécier principalement pour cette raison. Qu’est-ce que le «torture porn» selon toi, et pourquoi penses-tu que ton film ne rentre pas dans cette catégorie ?

Podz: Le «torture porn», c’est quand on est gratuit, lorsqu’on banalise la violence. Les 7 jours ne tombe pas là-dedans parce qu’il questionne le «torture porn» et sa validité.

colio: Les thèmes du film (la vengeance, la torture) sont au cœur de débats très chauds ces dernières années. Personnellement, penses-tu qu’il puisse exister une forme de violence juste?

Podz: Si on te dit que tu aurais pu tuer Hitler avant le génocide par exemple. Peut-être que là ce serait justifié, mais il faut savoir avant coup que ton geste aura cette portée. Qui peut le savoir? Qui peut en être certain? Dans le fond c’est légitime de vouloir se venger, je ne crois pas que ce l’est de passer à l’acte.

colio: Avec sa présence au festival de Sundance et possiblement au festival de Berlin, ton film révèle déjà sa saveur internationale. À quel point as-tu essayé de ne pas faire un film spécifiquement «québécois» ?

Podz: Tout ce que j’ai essayé de faire, c’est un bon film. Les questions soulevées dans le livre de Pat et dans le scénario sont des questions universelles. J’ai tendance à graviter vers des projets comme ça, qui sont d’emblée universels. Je ne me préoccupe pas de géographie lorsque je travaille.

colio: Peux-tu finalement nous révéler quelques-uns de tes projets à venir ?

Podz: On travaille actuellement à l’adaptation du livre de Pat: Le Vide… je pense que ça va faire un pas pire film…

Voici la bande-annonce du film. Pour les horaires de diffusion, allez voir ici. Un gros merci à Podz pour l’entrevue et à Patrick Sénécal pour la «plugue».

colio

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