L’éternelle jeunesse de Dionysos: rendez-vous au Mainline

Un amalgame de corps nus, une couronne de laurier et ces mots-ci : « divinité en déclin ». C’est de cette manière que s’est présentée devant moi cette fameuse pièce en première page du Mirror au début de la semaine. Des affiches érotiques, un titre étrange. De quoi faire fuir tous les fervents du « mainstream ».

Ce qui est ironique, c’est qu’il s’agit de la toute nouvelle production du « Mainline Theatre », producteur depuis 1991 du fameux Festival Fringe de Montréal et qui se dit le centre du théâtre indie de Montréal. Le « Mainline Theatre » a déjà remporté des prix au Festival Fringe de Édimbourg, le plus gros festival artistique au monde. Inutile de dire que les acteurs, chanteurs ou danseurs, ou tout à la fois dans ce cas-ci, y sont remarquables.

Je me laisserai donc le droit d’élucider ce mystère : « The Mid-Life Crisis of Dionysos », malgré l’apparence que veulent lui donner son directeur Jeremy Hechtman, est une tragédie-comédie musicale avec laquelle je n’aurais aucun embarras à traîner mes grands-parents. Attention : il ne s’agit surtout pas d’une version montréalaise de   «Mamma Mia », mais plutôt d’une opposition intéressante entre le sérieux et le comique qui se répète tout au long de la pièce.

C’est sur un ton joyeux et burlesque que le directeur, Jeremy Hechtman, approche des réalités difficiles telles que la vieillesse, la mort et l’absurdité de la vie. « The Mid-Life Crisis of Dionysus », c’est la lutte continuelle entre la jeunesse éternelle et la vieillesse paisible, entre l’hédoniste et le rationnel et peut-être même entre celui qui semble savoir joindre les deux. C’est ce que nous déclare Hechtman dans son pamphlet : « J’ai pris la décision de m’en remettre à Dionysos pour tous mes défauts, et j’en ai éprouvé une éveil spirituel que je souhaite vous transmettre ».

Le message est clair, et son moyen de le transmettre l’est encore plus : il ne s’agit en aucun cas d’une pièce absurde où les décors et les costumes ne sont pas. La pièce tourne bel et bien autour du dieu Dionysos, de ses plaisirs, de sa déchéance et de ses espoirs de salvation. Ses tableaux sont des plus mouvementés. Ils laissent place à une symphonie impressionnante de musique, chansons, costumes et chorégraphies, tout cela dans l’intimité d’une petite salle qui n’a rien des amphithéâtres grecs et que les acteurs semblent connaître par cœur.

C’est finalement une adaptation moderne et bien vivante de la « bulle sociétaire » dont nous sommes tous un peu victimes, et peut-être même une proposition de s’en sortir.

Rendez-vous au cœur de l’activité artistique, du 16 Février au 6 Mars.
Pour plus d’informations, voici le site du « Mainline Theatre » : http://www.mainlinetheatre.ca/

Valérie Mathis

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