En contrôle: Entrevue avec Malajube
4MTL: Comment s’est passée votre expérience olympique ?
Francis Mineau: Très bien. On n’a pas vraiment eu la chance de voir beaucoup de compétitions. Les compétitions sont à 2h de route de chacune d’entre elles, alors on a fini par les écouter à la télé. Mais c’était bien : on peut dire que regarder les Olympiques à la télé dans les villes où c’est présenté c’est mieux qu’ailleurs.
Thomas Augustin : Je crois que dans les 2 semaines de compétition, j’ai pas vu un seul athlète.
FM : On a rencontré Vincent Marquis et Pierre Alexandre Rousseau, les deux skieurs de bosse. Ils avaient fini leur compétition assez tôt, alors on est allé prendre un verre de vin avec eux.
4MTL : Aujourd’hui, vous avez présenté un nouveau vidéoclip en collaboration avec l’ONF pour Contrôle, une chanson qui n’apparaissait pas sur Labyrinthes. Pourquoi cette chanson-là ?
TA : C’est nous qui l’avons proposée à l’ONF. C’est une chanson plus longue, plus difficile, qui n’était pas sur l’album. Ce n’est pas le genre de chanson qui passe à la radio. On n’a pas l’intention de continuer dans cette voix-là pour le prochain album, mais pour ce projet-là, on trouvait que ça convenait et puis ça nous tentait de retravailler la chanson.
FM : En plus, c’est exactement le genre de chanson pour laquelle on n’aurait jamais eu de subventions pour un vidéoclip. C’est beaucoup trop long. Alors l’ONF nous a permis de faire quelque chose de différent.
4MTL: Quel est le thème de la chanson ? Est-ce que vous avez été inspiré par le film Control de Anton Corbijn sur la vie de Ian Curtis ?
TA : Je ne pense pas que ça fasse directement allusion à Ian Curtis, mais on peut certainement dire que le sujet s’en rapproche.
FM : C’est une chanson qu’on a composée durant la tournée de Trompe-L’oeil, qui était interminable. Tout le monde peut faire sa propre interprétation, mais pour moi, c’est une réaction à cette tournée et au sentiment de perte de contrôle qui arrive quand tu te fais prendre en main par plusieurs gens à plusieurs endroits dans le monde.
4MTL: Est-ce que vous êtes parti de cette thématique pour écrire la musique?
FM : Quand on travaille sur la musique, on part jamais des paroles. Souvent, on part d’émotions très basiques comme la joie ou la tristesse. Ce sont elles qui nous inspirent pour créer la musique. Maintenant, avec les paroles et le vidéoclip, ça transforme le sens, parce que quand t’écoutes la chanson, tu vois ces images-là dans ta tête.
4MTL: Est-ce que vous allez la jouer ce soir ?
TA : On voulait, mais je ne crois pas que ça va se faire. On va voir.
4MTL: Merci beaucoup. Bon spectacle.
Avec Contrôle, Malajube fait un pas de plus dans le monde du rock progressif moderne. La chanson fait énormément penser à Sigur Ros à ces débuts, hormis la dernière partie qui rappelle plutôt le Patrick Normand des bonnes années. Une bonne nouvelle: la voix est placée à l’avant-plan et il est facile de goûter aux magnifiques paroles de Julien Mineau, qui suggèrent la folie plutôt que de l’adresser trop directement. Une excellente chanson qui, à 5:32, n’est pas si longue que ça non plus. Je l’aurais mise sur Labyrinthes moi.
Pour ce qui est du clip, intitulé de façon appropriée «100 mots pour la folie», c’est une bonne idée, mais vraiment pas une révolution du clip interactif comme on nous l’avait annoncé. Il nous est demandé d’écrire des mots auxquels certains autres mots reliés au thème de la folie nous font penser, et les mots choisis apparaissent ensuite dans le clip. Toutefois, les images montrées n’ont pas vraiment rapport à «nos» mots. C’est compréhensible, mais aussi un peu décevant. À retravailler…
Vous pouvez aller écouter la chanson et regarder le vidéoclip au lien suivant: http://interactif.onf.ca/malajube/
colio et Hélène Robitalle-Hidalgo
P.S. Voici l’équipe qui a travaillé au projet…















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